Le boro, vous connaissez?

Le boro, qu’est-ce que c’est?

Le jour où je l’ai découvert, j’ai su que c’était « un truc » pour moi !
Adepte depuis longtemps des possibilités de création à partir de matériaux usagés dont j’aime le toucher et les possibilités de transformation qu’ils m’offrent comme le papier, le carton, le tissu, j’ai tout de suite trouvé mon bonheur  avec le boro.

Tout y était :
Le tissu et le fil :  jean et coton
La couleur : le bleu indigo, décliné du plus sombre au plus délavé
L’origine : le Japon des paysans, la vie des humbles pour lesquels tout compte
L’esprit : la récupération car, comme le dit un proverbe japonais, « il faut savoir faire avec l’écaille du lièvre et le poil de la tortue… »

C’est ainsi que  j’ai battu le rappel autour de moi pour collecter des jeans hors d’usage. Puis je me suis mise à la couture .

Soit dit en passant, je remercierai toujours ma grand-mère de m’avoir appris à tenir une aiguille même si nous en avons bavé elle et moi parce qu’elle a voulu faire de moi une droitière alors que j’étais gauchère. Je suis restée gauchère, sans être empotée.
Je remercie aussi les professeurs de travaux manuels que nous avions de la 6ème à la 3ème et qui nous ont appris des rudiments de couture . Cela permettait à celles et ceux dont les parents ne pouvaient pas leur apprendre le minimum indispensable de ne pas  rester sans savoir recoudre un bouton ou faire un ourlet.

Lorsque jeans et fils ont été rassemblés, je n’avais plus qu’à m’y mettre.
Le boro, c’est l’art de la reprise, du raccommodage visible avec des morceaux de tissus divers prélevés sur des vêtements immettables dont certaines parties sont encore utilisables.
C’est ainsi que j’ai « raccommodé » un jean usagé mais encore portable.  Cette première expérience s’est faite dans la durée.
Cela m’a demandé du temps et de la persévérance,  m’a littéralement parcheminé le bout des doigts car coudre deux épaisseurs de jeans avec des fils de grosse épaisseur n’est pas facile mais, de façon très immodeste, j’avoue que je suis contente de ce premier essai, et prête à recommencer en apportant des améliorations à mes prochaines pièces.  Car, si vous en doutiez encore… je vais continuer. Avec des jeans indigo.
Et peut-être que d’autres pièces seront faites à partir de jeans noirs.

Voici quelques photos (pas très bonnes) de ce pantalon :

 

 

Pour conclure, je suis tentée de vous dire qu’après des décennies de consommation et de gaspillage, on en revient à une vision plus raisonnable de ce qui essentiel dans la vie, au moins pour certains d’entre nous.
Traditionnellement,  les hommes n’utilisaient que ce dont ils avaient besoin, ne serait-ce qu’à cause des efforts demandés pour produire ce dont ils avaient besoin, et du coût de ce qu’il restait nécessaire d’acheter. Et il n’y avait pas de question d’obsolescence programmée!

Aussi, que ce soit en Orient ou en Occident, on appliquait dans de nombreux domaines ce que dit Lavoisier au XVIIIème siècle dans son Traité élémentaire de chimie :
« Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme. »

La citation exacte est en fait  (cf Wikipédia) :
« … car rien ne se crée, ni dans les opérations de l’art, ni dans celles de la nature, et l’on peut poser en principe que, dans toute opération, il y a une égale quantité de matière avant et après l’opération ; que la qualité et la quantité des principes est la même, et qu’il n’y a que des changements, des modifications. »  (Lavoisier, Traité élémentaire de chimie (1789), p. 140/141)
Cet énoncé a été repris et adapté par Lavoisier du philosophe grec Anaxagore de Clazomènes.
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Alors, si vous êtes tentés, à vos aiguilles!

 

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