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Obernai l’été : conter pour tous

C’était hier, au Parc municipal d’Obernai, dans le cadre du projet estival d’animation du Centre Socio-Culturel Arthur Rimbaud.

À l’ombre des grands arbres, dans la sérénité de la fin de l’après-midi, l’oriflamme signalait le lieu de l’action, ou plutôt un espace possible de rêverie.

 

 

Parents et enfants se sont rassemblés  pour écouter ces contes où une princesse nomade rusée sait faire rendre justice aux caravaniers spoliés de sa tribu,
où un jeune roi, inexpérimenté et grisé par le pouvoir qui vient de lui échoir, en abuse largement avant de comprendre qu’il aura besoin de tous pour régner dignement.

 

Ces contes peuls et sahariens nous disent qu’il ne faut jamais baisser les bras pour obtenir justice. Ignorance et convoitise sont souvent à l’origine de nos maux.
Que l’on soit puissant ou d’humble condition, chacun peut agir, avec ses propres armes (et toujours sans violence) : maladie, vieillesse, pauvreté, beauté, ruse…
La détermination et la sagesse associées permettent de dénouer des situations conflictuelles pour le bien de chacun. Et parfois, il suffit d’un seul être dans la collectivité, plus tenace que les autres, pour obtenir justice et réparation pour tous.

A noter : le héros et l’héroïne ne sont pas sacrifiés à leur cause mais ils tirent bénéfice de leur action, comme tous ceux au nom desquels ils agissent.
Cette issue serait-elle possible uniquement dans l’espace du conte?

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article en cours

À Bouxières-aux-Dames : Tom au jardin

Hier après-midi, à l’École Maternelle des Enfants Guerquin de Bouxières-aux-Dames, j’ai été invitée à venir rencontrer les enfants avec « Tom au jardin », mon petit conte  des jours ensoleillés dans lequel Tom va visiter le jardin avec son papa et sa maman.

Avec son papa, il découvre les grenouilles, petites et grandes, qui n’en finissent pas de bavarder et de coasser. Puis ils se promènent dans le jardin des fleurs multicolores où butinent les insectes.
Sa maman les rejoint et tous trois vont au verger. Elle fait découvrir à Tom là où niche le hérisson, et soudain le cochon de la ferme voisine se manifeste…

Le conte est entrecoupé de chansons que j’ai écrites sur Tom que son père prend par la main pour l’emmener en découverte, et les trois chansons de l’écureuil (qui apparaît brièvement),  du hérisson (bien sûr) et du cochon (qui est le dernier mais pas le moindre).

 

Les enfants ont beaucoup participé et ils ont une belle connaissance des arbres fruitiers.
La séance était joyeuse, mais il fallait bien la terminer…  c’était l’heure des papas et des mamans!

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Strasbourg : Festival Couleurs Contes

Samedi 23 juin, neuf conteuses du collectif Oralsace ont conté dans le jardin de la clinique de la Toussaint, à Strasbourg, au bénéfice de l’unité de soins palliatifs de la clinique, dans le cadre du Festival Couleurs Contes organisé chaque année par l’association « C’est tout un art » et Nicole Docin-Julien, conteuse et hypno-thérapeute et directrice artistique du festival.

 

C’était des contes qui parlaient du temps, d’épreuves et de « réussite ».
Acceptation de l’épreuve, réussite dans la traversée de cette épreuve malgré des péripéties épuisantes, la plus belle des réussites étant de s’être trouvé, d’avoir triomphé de ses peurs et de ses petitesses.
C’est dans cette veine-là que Maïkan et moi nous avons conté « La grâce du cerisier ».

C’est l’histoire d’un jeune homme, ignorant de ses racines et se croyant sans avenir, qui se perd dans des petits trafics sordides. Un jour où tout va plus mal que d’habitude, il va demander de l’aide à son grand-père. Le vieil homme l’envoie dans la montagne découvrir le sens de sa vie…

 

 

Dans ce jardin calme et ensoleillé, le public était attentif et chaleureux.
Si les contes, dans la parole qui a été transmise, ont trouvé l’oreille qui les espérait, alors, quelle joie pour tous !

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Schweighouse/Moder : Festival « Y a qu’ ça qui conte »

C’était dimanche 17 juin. Il faisait beau et chaud, juste ce qu’il fallait.

Cette année, le festival « Ya qu’ça qui conte » avait pour thème l’Antiquité, romaine puisque les Romains sont passés et ont séjourné en Alsace. Mais pas seulement.
Comment ne pas parler des Celtes, peuples migrants porteurs d’une autre mythologie, si riche elle aussi ?

Tout le week-end, il était possible de se perdre dans une faille du temps.
Là, flâner entre l’échoppe du médecin et la tente du centurion, ici écouter les musiciens ou assister aux jeux des gladiateurs. Un autre temps était soudainement à portée de mains, d’yeux et d’oreilles.

J’ai été invitée à conter pour deux séances, l’une sur la mythologie romaine, l’autre sur les légendes celtiques.

« Grands dieux, quelle famille! »

Au début était Albe et la princesse Rhéa Silvia, vestale séduite par Mars dont elle eut les jumeaux Romulus et de Rémus.  Plus tard Romulus fonderait Rome.
Mars avait protégé les deux enfants d’un sort cruel. Il était particulièrement aimé des Romains, aussi était-il naturel de poursuivre avec des anecdotes à son sujet.
Avec Vénus, sa belle amante, et Vulcain, mari de Vénus.
Avec Jupiter, roi des dieux et époux de Junon. Son épouse, trahie tant de fois par son mari volage, avait plus d’un tour à son actif pour se venger de Jupiter sur ses amantes…
Elles en firent les frais mais leurs enfants devinrent des dieux.
Ainsi les jumeaux nés de Léto : Diane, déesse de la chasse, des sources et des bois, vierge intraitable et Apollon, le dieu à la lyre qui instaura son culte à Delphes avec la Pythie, et tua le pauvre Marsyas, satyre musicien qui jouait « divinement » de la musique.

Après une naissance pour le moins extraordinaire, leur demi-sœur, Minerve, était pourvue de nombreux talents. Elle inventa l’aulos, une double flûte qu’elle abandonna rapidement à cause des moqueries de Junon et Vénus. Elle tissait merveilleusement et Arachné, qui ne sut pas garder la modestie nécessaire, en mourut.
Déesse protectrice d’Athènes, elle était l’une des trois divinités protectrices de Rome avec Jupiter et Junon.

 

Bacchus, fils de Jupiter et de Sémélé, eut lui aussi une enfance bien dangereuse à cause de la colère de Junon. Ce dieu, protégé par des nymphes, sera ensuite confié pour son éducation aux Muses et à Silène, satyre philosophe et ivrogne, qui lui apprendra tout de la vigne et du vin. Il remerciera Midas, roi de Phrygie, d’avoir pris soin de Silène en exauçant son vœu : transformer en or tout ce qu’il touchera. « Bon dieu », il acceptera aussi de le délivrer de ce vœu mortifère.
Il fera connaître le vin jusqu’en Inde et en Egypte.

 

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Dans l’après-midi, c’était dans les légendes celtiques que j’entraînais mes auditeurs… Chacune était empreinte d’un sortilège étrange ou dangereux.

« Amour et sortilèges, légendes celtiques »

 

Le prince Conn Eda, enfant heureux jusqu’au remariage de son père, est victime de la haine de sa marâtre et mis au défi de lui rapporter des objets bien improbables, au risque de sa vie.
Courageux, il part vers son destin et traverse les épreuves…

 

 

 

 

L’amour magique qui unit Midir et Etaine est à l’épreuve du temps et de l’espace.
Bravant les tempêtes, la mort, les métamorphoses, ils se retrouvent, toujours.

 

 

 

 

Bran, prince méditatif devant une mer sans couleur, voit soudain une jeune femme lui tendre une branche fleurie de pommier. Puis tout s’efface. Bran part à sa recherche avec quelques compagnons marins…

 

 

 

C’est ainsi que s’achevait cet après-midi où s’entremêlaient des mondes invisibles et pourtant si présents.

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Solstice d’été : les plantes magiques de la Saint-Jean

C’est à la Médiathèque Intercommunale de Dieulouard (Meurthe & Moselle) que nous avons commencé les festivités du solstice d’été avec un atelier « Conte à peindre » sur les plantes magiques de la Saint-Jean.

Quelles sont ces plantes? Pourquoi sont-elles magiques? Comment le sont-elles?
J’en avais amené quelques unes, de celles que l’on trouve facilement dans les prés et les bois et qui passent trop souvent pour de « mauvaises herbes » dans les jardins très très bien « entretenus » : marguerites blanches des prés,  plantain lancéolé, plantain majeur, feuilles de fougères (l’une déployée, l’autre en crosse).
Il y en a bien d’autres mais j’avais  apporté seulement celles qui s’accordaient avec les contes que j’avais choisis.
« La Châtelaine et la gouvernante » : la légende dit qu’elles sont respectivement devenues  plantain lancéolé et plantain majeur à force d’attendre au bord du chemin le  fiancé qui s’était volatilisé avec sa promesse de retour.
« La Fleur de fougère » : qui l’a vue? Qui l’a cueillie? Certains, partis depuis des siècles, ne sont pas revenus! Cette légende, qui est très populaire en différentes versions dans les pays baltes et d’Europe de l’Est, signe une quête de l’impossible.
« Les trois feuilles du serpent » : c’est la version courte qu’en a faite Marie Faucher qui a séduit et interloqué les enfants. Comment accepter de se faire enterrer vivant? Comment une serpente peut-elle connaître le secret de la plante d’immortalité et ressusciter son compagnon, donnant ainsi l’idée à l’époux de faire de même avec sa princesse défunte? Et surtout, quelle est cette plante merveilleuse?

Après la présentation de ces plantes et de leurs vertus,  nous sommes passés à la partie pratique. Les enfants se sont répartis en groupe et ont choisi d’imager un conte. Voici quelques photos de l’atelier et des réalisations finales ci-dessous.

3 photos prises par Céline Blin, médiathécaire de Dieulouard :

 

 

 

6 photos des livres terminés que j’ai prises à l’issue de l’atelier :

La Fleur de fougère

 

Les trois feuilles du serpent

Les enfants ont peint ces images que j’ai ensuite montées sur des « livres » de trois formes différentes que j’avais préparés avant :
– le livre à pages qui se tournent ( 4 feuilles)
– le paravent qui se déploie en 4 panneaux
– le « retable » fait d’un grand panneau central sur lequel on replie les deux côtés latéraux.
Dans les trois cas, les surfaces sont utilisées recto-verso.

Ces trois livres sont exposés à la médiathèque de Dieulouard et sont l’œuvre commune des onze participants de cet atelier, qui ont de 6 à 11 ans.
Merci à eux et à Céline Blin pour leur accueil chaleureux, leur participation active et leur intérêt pour ces « belles sauvages » trop souvent maltraitées.

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Sélestat : la Nuit des musées

La programmation de la Nuit des musées était riche à Sélestat samedi 19 mai.
Parmi les rencontres et les animations proposées, en voilà quelques unes où je suis allée me promener :

L’Hortus Beatus,  ce jardin si bien nommé, appartenait autrefois à la Banque de France.
Il est maintenant accessible au public. Son créateur, guidant le public dans les allées, a expliqué comment il l’avait conçu en y créant une perspective, en gardant dans la mesure du possible les essences présentes, en enrichissant la palette végétale.

Ce jardin, propice à la détente et à la contemplation,  pourrait-il accueillir la parole de conteurs?  Ce lieu vivant se prête si bien à la magie de la parole transmise depuis des millénaires.

 

 

 

La Banque de France n’existe plus à Sélestat. Ce sont les Archives Municipales qui se sont installées dans le bâtiment  et l’on pouvait voir ce soir-là des manuscrits  anciens exposés, comme cette charte de l’Empereur Adolphe 1er autorisant le commerce sans embarras de douane aux habitants de Schlestadt  en 1292.

 

 

une belle maquette de la vieille ville, des illustrations destinées aux salles de classe d’il y a cinquante ans.

 

On pouvait aussi effectuer une visite guidée du fonds d’archives situé au sous-sol, dans ce qui avait été la salle des coffres.

 

 

Au FRAC, il était possible de visiter l’exposition en cours « Phénomènes » qui présente de belles pièces, dont la « Demi-lune » de Marc Couturier, que j’aime particulièrement pour la pureté de sa ligne, les matériaux employés, et le défi relevé pour son ancrage dans le mur.

 

 

Un atelier proposait aussi de créer des images à partir de tampons réalisés avec des matériaux variés, de récupération et naturels. Les enfants étaient au rendez-vous et leurs œuvres, très inspirées,  ont été suspendues à un fil pour finir de sécher.

 

 

Le FRAC est beau dedans… et dehors!  Ce soir-là, pour la circonstance, il y avait un groupe qui a donné un concert en plein air. La fête, en quelque sorte.

 

 

Mais le temps passe vite. Tout a une fin, et la fête s’éteint dans les lumières de la ville et la rumeur de l’Ill .

 

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La citoyenneté : des valeurs à partager

 

 

 

 

« Quand femmes et hommes devinrent humains… »

C’est le titre que j’avais choisi  pour la contée du samedi 19 mai dernier.
J’étais invitée par la Médiathèque « L’Eau vive » de Blainville/l’Eau  (Meurthe-et Moselle) à dire des contes sur le thème de la citoyenneté…
Trouver des contes qui parlent de la citoyenneté?… Oui, c’est possible.

Les contes racontent la vie des hommes. Ils nous disent les chemins que peuvent prendre nos vies selon nos choix. Alors,  que ce soit des contes de sagesse ou des contes facétieux (l’un n’excluant pas l’autre, bien sûr!), les valeurs de la citoyenneté peuvent s’y trouver : solidarité, amitié, liberté,  justice, respect de la différence, etc.
Car pour faire société, il est nécessaire de respecter des valeurs qui nous unissent et d’accepter quelques règles que nous reconnaissons comme étant nécessaires.

Les contes ne manquent pas qui nous disent comment les héros parviennent au meilleur d’eux-mêmes à travers leurs actes, leurs réflexions, et ce que leur dicte leur cœur.
Et dans ce cas, n’est-ce pas devenir « humain » dans l’acception la plus large du terme?

C’est pourquoi j’ai intitulé ma contée :

« Quand femmes et hommes devinrent humains… »

 

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De fil en aiguille : rêverie contée

Le proverbe dit :  » En avril ne te découvre pas d’un fil, en mai fais ce qu’il te plaît.  »

Quelle belle occasion pour reprendre fils et aiguilles et transformer ma simple jupe de coton dont je ne veux pas me séparer en jupe de conteuse.
Ce n’est plus du boro (mais j’y reviendrai plus tard car j’ai  l’inspiration et la matière première) . De l’appliqué peut-être?

En tout cas, grâce à un ensemble de techniques utilisées au gré de mon imagination et à ce que j’ai sous la main -perles, vêtements usagés, restes de tissus de décoration-, toutes ces richesses, accumulées au fil des ans dont je ne sais jamais précisément pourquoi je les garde, trouvent toujours leur destin un jour ou l’autre.

Et voilà le résultat : une jupe multicolore de coton et de soie, brodée d’or et de perles.
Une jupe qui m’accompagnera dans mes contées…
… où les femmes cardent, filent, tissent, cousent, brodent pour sauver leur vie, celle de leurs frères, ou celle de leur amour,
… où l’une d’elles ose rivaliser avec une déesse qui ne lui pardonnera jamais cet affront
… où les hommes, modestes tailleurs, tirent le fil de la vie,
… où le roi, qui a appris l’art de la tapisserie, sera sauvé d’un piège mortel par sa reine…

 

 

 

 

Tant de mythes et de légendes nous parlent du fil de la vie, des liens qui nous unissent, du tissu que, vivants, nous sommes.

En espérant vous retrouver bientôt pour partager ces « histoires » qui ont l’âge de l’Humanité.

 

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Printa’Nied 2018 : « Le génie narratif du conte »

Pour la dixième année consécutive l’association Nittachowa a organisé les Rencontres Professionnelles du Conte à Vigy, en Moselle.
Cette année, le thème était « Le génie narratif du conte ».

 

 

 

 

 

 

 

Durant la journée du 19 avril à laquelle je me suis rendue avec une amie conteuse, quatre intervenants se sont succédé pour partager leur vision du conte avec les participants.

C’est grâce à ces initiatives qui nous permettent de nous retrouver et d’échanger nos expériences et nos points de vue que nous nous enrichissons mutuellement.

Jean-Michel Soloch, Patrick Caudal, Sophie Wilhelm et Myriam Pellicane (par ordre d’apparition à la table) étaient les quatre intervenants de la journée.

Chacun parlant dans son domaine de compétence, ils nous ont beaucoup apporté, et Jean-Louis Hippert, qui est à l’origine de ces Rencontres, a défendu lui aussi avec beaucoup de force et de conviction « le génie narratif du conte », thème de la journée dont il est l’organisateur avec l’association Nittachowa.

Jean-Michel Soloch et Jean-Louis Hippert                                  Patrick Caudal

 

C’était une belle journée et on attend déjà la prochaine.

Pour retrouver l’actualité de l’association Nittachowa : http://nittachowa.blogspot.fr/
et de l’École Nomade du Conte : http://kom-panis.fr/

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Le boro, vous connaissez?

Le boro, qu’est-ce que c’est?

Le jour où je l’ai découvert, j’ai su que c’était « un truc » pour moi !
Adepte depuis longtemps des possibilités de création à partir de matériaux usagés dont j’aime le toucher et les possibilités de transformation qu’ils m’offrent comme le papier, le carton, le tissu, j’ai tout de suite trouvé mon bonheur  avec le boro.

Tout y était :
Le tissu et le fil :  jean et coton
La couleur : le bleu indigo, décliné du plus sombre au plus délavé
L’origine : le Japon des paysans, la vie des humbles pour lesquels tout compte
L’esprit : la récupération car, comme le dit un proverbe japonais, « il faut savoir faire avec l’écaille du lièvre et le poil de la tortue… »

C’est ainsi que  j’ai battu le rappel autour de moi pour collecter des jeans hors d’usage. Puis je me suis mise à la couture .

Soit dit en passant, je remercierai toujours ma grand-mère de m’avoir appris à tenir une aiguille même si nous en avons bavé elle et moi parce qu’elle a voulu faire de moi une droitière alors que j’étais gauchère. Je suis restée gauchère, sans être empotée.
Je remercie aussi les professeurs de travaux manuels que nous avions de la 6ème à la 3ème et qui nous ont appris des rudiments de couture . Cela permettait à celles et ceux dont les parents ne pouvaient pas leur apprendre le minimum indispensable de ne pas  rester sans savoir recoudre un bouton ou faire un ourlet.

Lorsque jeans et fils ont été rassemblés, je n’avais plus qu’à m’y mettre.
Le boro, c’est l’art de la reprise, du raccommodage visible avec des morceaux de tissus divers prélevés sur des vêtements immettables dont certaines parties sont encore utilisables.
C’est ainsi que j’ai « raccommodé » un jean usagé mais encore portable.  Cette première expérience s’est faite dans la durée.
Cela m’a demandé du temps et de la persévérance,  m’a littéralement parcheminé le bout des doigts car coudre deux épaisseurs de jeans avec des fils de grosse épaisseur n’est pas facile mais, de façon très immodeste, j’avoue que je suis contente de ce premier essai, et prête à recommencer en apportant des améliorations à mes prochaines pièces.  Car, si vous en doutiez encore… je vais continuer. Avec des jeans indigo.
Et peut-être que d’autres pièces seront faites à partir de jeans noirs.

Voici quelques photos (pas très bonnes) de ce pantalon :

 

 

Pour conclure, je suis tentée de vous dire qu’après des décennies de consommation et de gaspillage, on en revient à une vision plus raisonnable de ce qui essentiel dans la vie, au moins pour certains d’entre nous.
Traditionnellement,  les hommes n’utilisaient que ce dont ils avaient besoin, ne serait-ce qu’à cause des efforts demandés pour produire ce dont ils avaient besoin, et du coût de ce qu’il restait nécessaire d’acheter. Et il n’y avait pas de question d’obsolescence programmée!

Aussi, que ce soit en Orient ou en Occident, on appliquait dans de nombreux domaines ce que dit Lavoisier au XVIIIème siècle dans son Traité élémentaire de chimie :
« Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme. »

La citation exacte est en fait  (cf Wikipédia) :
« … car rien ne se crée, ni dans les opérations de l’art, ni dans celles de la nature, et l’on peut poser en principe que, dans toute opération, il y a une égale quantité de matière avant et après l’opération ; que la qualité et la quantité des principes est la même, et qu’il n’y a que des changements, des modifications. »  (Lavoisier, Traité élémentaire de chimie (1789), p. 140/141)
Cet énoncé a été repris et adapté par Lavoisier du philosophe grec Anaxagore de Clazomènes.
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Alors, si vous êtes tentés, à vos aiguilles!